Le Colloque 2011 : Le Plagiat de la Recherche Scientifique – Un Événement Fondateur pour la Lutte contre la Fraude Académique en France

Le Colloque 2011 : Le Plagiat de la Recherche Scientifique – Un Événement Fondateur pour la Lutte contre la Fraude Académique en France

Le 20 et 21 octobre 2011, l’Université Paris II Panthéon-Assas a accueilli un événement majeur dans l’histoire de l’académie française : le Colloque International sur « Le Plagiat de la Recherche Scientifique ». Cet événement, orchestré par les professeurs Gilles J. Guglielmi et Geneviève Koubi, marque un tournant décisif dans la prise de conscience collective face au phénomène croissant du plagiat universitaire et scientifique. Organisé en partenariat avec le Collectif l’Unité du Droit et soutenu par la Semaine Juridique (Edition Générale), ce colloque a rassemblé les plus grands penseurs, chercheurs et experts français et internationaux pour répondre à une question devenue cruciale : comment définir, détecter et sanctionner le plagiat sans porter atteinte à l’indépendance de la recherche ?​

Contexte et Enjeux du Colloque

À l’aube des années 2010, la recrudescence des cas de plagiat dans le domaine universitaire et scientifique ne faisait plus de doute. Les conséquences sociales, politiques et académiques de ces pratiques malhonnêtes rendaient impérieuse une réflexion interdisciplinaire approfondie. Le plagiat, loin d’être un phénomène isolé, s’était propagé dans toutes les disciplines et tous les secteurs de la recherche.​

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication avaient amplifié l’expansion du phénomène. Le copier-coller facile, la numérisation généralisée des documents et l’accès illimité à internet ont transformé les conditions de la recherche et ont paradoxalement facilité les conduites frauduleuses. Face à cette réalité, le colloque s’est fixé un objectif ambitieux : construire les principes d’une réponse consensuelle capable de préciser les éléments de définition du plagiat, d’approfondir les moyens de le caractériser et de le détecter.​

Le Programme : Une Architecture Réfléchie

Le colloque s’est déroulé sur deux jours intenses, structurés autour de quatre thématiques majeures qui couvraient l’ensemble de la problématique du plagiat.

Jeudi 20 octobre 2011 : Définitions et Détections

Matin : Le plagiat de la recherche : définition et perceptions (9h00-11h00)

La journée a débuté par les allocutions de bienvenue suivies de l’introduction de Geneviève Koubi, professeur à l’Université Paris 8. Trois sessions majeures ont composé cette première journée :​

Session 1 – Définition et perceptions : Joël Moret-Bailly (Université Jean Monnet Saint-Étienne) a présenté « Plagiat et déontologie académique », questionnant les fondements éthiques et professionnels de la lutte contre le plagiat. Hélène Maurel-Indart (Université de Tours) a développé une réflexion nuancée sur « Le plagiat, entre réécriture créative et emprunt servile », mettant en lumière la délicate distinction entre utilisation créative des textes antérieurs et appropriation frauduleuse. Danièle Bourcier (CNRS, CERSA) a abordé « L’éthique de la recherche et plagiat » et Laure Marino (Université de Strasbourg) a apporté sa contribution avec « Repenser le droit du plagiat de la recherche ».​

Session 2 – Recherche du plagiat : détection et dénonciation (14h30-16h30)

La deuxième session a porté sur les aspects pratiques et procéduraux. Jean-Noël Darde (Université Paris 8) a présenté « La détection du plagiat et les logiciels anti-plagiat », décrivant les outils technologiques disponibles et leurs limitations. Christophe Sinnassamy (Université Paris 2) a exploré « Le plagiat : contagion, détection, sanction ». Francis Segond, écrivain et éditeur, a offert une perspective littéraire avec « Je est un autre, ou le vade-mecum du plagiaire ». Thomas Hochmann (Université Paris 1, Centre Perelman) a présenté « Dénonciation et dénégation du plagiat » en s’appuyant sur l’expérience allemande. David Douyère (Université Paris 13, Labsic) a conclu avec « Le plagiat à l’université : un aveuglement organisationnel ? ».

Vendredi 21 octobre 2011 : Transgressions et Propositions

Matin : Le plagiat ou la recherche : transgression et humiliation (9h00-11h00)

Le deuxième jour a approfondi les dimensions éthiques et politiques. Elisabeth G. Sledziewski (Université Paris Est Créteil, Espace Éthique APHP) a développé « Le plagiat dans la République : approche éthique et politique ». Claudine Haroche (CNRS, Centre Edgar Morin, EHESS) a traité « Plagier : ignorer la recherche, effacer l’auteur ». Jean-Claude Pacitto (Université Paris Est, IRG Management) a présenté « Le plagiat : simple transgression individuelle ou phénomène organisationnel ? ». Mathieu Touzeil-Divina (Université du Maine, Themis-Um) a analysé « Progression de la répression disciplinaire du plagiat ».​

Après-midi : Le plagiat en recherche : situations et propositions (14h30-16h30)

La dernière session s’est concentrée sur des solutions pragmatiques et l’avenir de la régulation. Françoise Havelange (Université de Namur, Belgique) a présenté « Procédure en cas de manquement : principes généraux ». Pierre-Jean Benghozi (Directeur de recherche CNRS, École Polytechnique) et Michelle Bergadaa (Université de Genève, Commission Intégrité FNRS, Luxembourg) ont co-animé « Publications et plagiat à l’ère d’internet ». Emmanuel Dreyer (Université Paris Sud 11, CERDI) a conclu avec « Les hésitations du droit pénal à l’égard du plagiat ». Gilles J. Guglielmi (Université Paris 2, CERSA) a livré la dernière intervention : « Plagiat de la recherche et fonctions du droit ».

Les Intervenants : Un Panel d’Experts de Renom

Le colloque a rassemblé plus de 20 intervenants issus d’horizons disciplinaires très variés, reflétant la nature transversale de la question du plagiat. Les organisateurs, Gilles J. Guglielmi et Geneviève Koubi, bénéficiaient de l’expertise de Hélène Maurel-Indart et Jean-Noël Darde, ainsi que de la mise au point d’un site web dédié par Mathieu Touzeil-Divina

Experts Juridiques et Interdisciplinaires Français

Le colloque a rassemblé les plus grands juristes français spécialisés en propriété intellectuelle et droit de l’entreprise : Laure Marino (Université de Strasbourg), Emmanuel Dreyer (Université Paris Sud 11, CERDI), Joël Moret-Bailly (Université Jean Monnet Saint-Étienne), Christophe Sinnassamy (Université Paris 2), et Françoise Havelange des Facultés universitaires de Namur (Belgique).

Des experts interdisciplinaires français ont également participé : Hélène Maurel-Indart (Université de Tours), experte reconnue en histoire du plagiat, David Douyère (Université Paris 13, Labsic) spécialiste en sciences de l’information et de la communication, Danièle Bourcier (CNRS, CERSA), Jean-Noël Darde (Université Paris 8) spécialiste des technologies anti-plagiat, Elisabeth G. Sledziewski (Université Paris Est Créteil) et Claudine Haroche (CNRS, Centre Edgar Morin, EHESS).​

Perspectives Internationales

Le colloque s’est volontairement ouvert à des chercheurs et experts étrangers : Joël Birman (Université fédérale de Rio de Janeiro, Brésil) apportant une perspective psychanalytique sur la généalogie du plagiat, Olgaria Matos (Université de São Paulo, Brésil) traitant du plagiat et du copyright dans la société de l’innovation, Thomas Hochmann (Université libre de Bruxelles, Belgique) représentant l’expérience allemande, Michelle Bergadaa (Université de Genève, Suisse) experte en intégrité de la recherche, et Pierre-Jean Benghozi (CNRS, École Polytechnique) directeur de recherche aux interfaces technologie, droit et innovation.

Pourquoi le Colloque de 2011 : Un Événement Fondateur

Une Première Synthèse Institutionnelle et Interdisciplinaire

Le colloque de 2011 représente le premier effort français systématique pour construire une approche globale du plagiat en recherche. Avant cette date, les réactions au plagiat demeuraient fragmentaires : cas isolés, scandales médiatiques temporaires, sans réflexion institutionnelle d’ensemble. Le colloque a changé ce paradigme en rassemblant dans un même espace les voix de la science, du droit, de l’éthique, de la technologie et de la création.

L’Émergence d’une Conscience Collective

En 2011, le plagiat n’était pas encore une question centrale du débat académique français. Le colloque a brisé ce silence, affirmant publiquement et collectivement que le plagiat était un enjeu grave, transversal, et nécessitant une réponse coordonnée.​

La Reconnaissance du Plagiat comme Enjeu Sociétal

Le colloque n’a pas traité le plagiat uniquement comme une faute morale individuelle ou une question technique. Les interventions des philosophes (Elisabeth G. SledziewskiClaudine HarocheOlgaria Matos), des historiens de la connaissance (Joël Birman) et des politologues (Jean-Claude Pacitto) ont élevé le débat au niveau d’une réflexion sur les fondements de la République, les valeurs de l’innovation, et la construction de la connaissance collective.​

L’Approche Multidimensionnelle

Contrairement aux approches unilatérales (juridique, technologique, ou éthique), le colloque de 2011 a proposé une vision multidimensionnelle englobant la définition et la caractérisation du plagiat, la détection technologique, la dénonciation et les procédures, les sanctions et régulation, et le contexte organisationnel et systémique.​

L’Ouverture Internationale

Le colloque a refusé un enfermement franco-français. La présence d’experts belges, suisses et brésiliens a enrichi la réflexion en mettant en évidence des approches alternatives et des expériences comparées.​

L’Infrastructure Pérenne : www.plagiat-recherche.fr

Parallèlement au colloque, les organisateurs ont lancé le site web www.plagiat-recherche.fr, conçu par Mathieu Touzeil-Divina. Ce site, soutenu par le Collectif l’Unité du Droit, a servi de plateforme collaborative pour continuer la discussion après le colloque, partager des ressources et documenter l’évolution de la question du plagiat.​

La Publication des Actes (2012)

Les actes du colloque ont été publiés en 2012 par Lextenso-LGDJ, l’un des plus prestigieux éditeurs juridiques français, sous le titre « Le Plagiat de la Recherche Scientifique ». L’ouvrage collectif, dirigé par Gilles J. Guglielmi et Geneviève Koubi, avec la collaboration de Jean-Noël DardeHélène Maurel-Indart et Mathieu Touzeil-Divina, regroupe 18 contributions thématiques réparties en deux grandes sections.​

Première Partie : Définitions et Caractérisations du Plagiat

  • Le plagiat dans la République : approche éthique et politique – Elisabeth G. Sledziewski
  • Plagiat et déontologie académique – Joël Moret-Bailly
  • Généalogie du plagiat – Joël Birman
  • Ignorer la recherche, effacer l’auteur – Claudine Haroche
  • De l’emprunt servile à la réécriture créative – Hélène Maurel-Indart
  • Plagiat et copyright : société de l’innovation et modernité médiatique – Olgaria Matos
  • Je est un autre – Francis Segond
  • Le plagiat : transgression individuelle ou phénomène organisationnel ? – Jean-Claude Pacitto
  • Le plagiat à l’université : un « aveuglement organisationnel » ? – David Douyère

Deuxième Partie : Détections et Sanctions du Plagiat

  • Le plagiat : contagion, détection, sanction – Christophe Sinnassamy
  • Les logiciels anti-plagiat : détection ? formation ? prévention ? dissuasion ? – Jean-Noël Darde
  • Procédure à suivre en cas de manquement à l’intégrité dans la recherche scientifique : principes généraux – Françoise Havelange
  • Favoriser la dénonciation pour contrer le déni : la recherche allemande face au plagiat – Thomas Hochmann
  • Progression et digressions de la répression disciplinaire du plagiat de la recherche – Mathieu Touzeil-Divina
  • Les hésitations du droit pénal à l’égard du plagiat – Emmanuel Dreyer
  • Repenser le droit du plagiat de la recherche – Laure Marino
  • Publications et plagiat à l’ère d’internet : réponses collectives à de nouvelles pratiques – Pierre-Jean Benghozi et Michelle Bergadaa
  • Plagiat de la recherche et fonctions du droit – Gilles J. Guglielmi

Cet ouvrage de référence (230 pages, 41€) a circulé largement dans les universités, les instituts de recherche, et auprès des décideurs politiques en France et en Belgique, consolidant la réflexion engagée lors du colloque.

Impact et Héritage

Le colloque de 2011 a marqué le passage d’une gestion fragmentée du plagiat à une reconnaissance publique et structurée du problème. En rassemblant juristes, philosophes, psychanalystes, littéraires, informaticiens et experts en sciences de l’information, le colloque a affirmé que le plagiat est un enjeu transversal requérant une approche pluraliste.​

Les années suivant 2011 ont vu une multiplication des commissions d’intégrité, des chartes éthiques et des politiques anti-plagiat dans les universités françaises. Le colloque a établi que la lutte contre le plagiat ne relève pas seulement de questions techniques, mais constitue une question de valeurs, de civilité académique, et de respect mutuel au cœur même de l’institution universitaire et du progrès scientifique.

J’ai préparé pour vous un article complet et détaillé sur le colloque de 2011 sur le plagiat en recherche scientifique, comprenant le programme complet des deux journées, la liste détaillée des intervenants avec leurs affiliations, et une analyse approfondie de pourquoi cet événement a été fondateur pour la lutte contre le plagiat en France. Le document a été sauvegardé dans votre workspace pour une utilisation ultérieure.

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