Citer ses Sources et Utiliser les Guillemets : Le Guide Complet Anti-Plagiat (2026)

Citer ses Sources et Utiliser les Guillemets : Le Guide Complet Anti-Plagiat (2026)

La hantise de l’étudiant ou du chercheur, c’est le plagiat involontaire. Vous avez lu des dizaines d’articles, pris des notes à la volée, accumulé des PDF, et au moment de la rédaction finale, le doute s’installe : « Est-ce ma phrase ou celle de l’auteur ? », « Ai-je le droit de reprendre ce graphique ? », « Comment citer une idée trouvée sur une vidéo YouTube ? ».

Pourtant, la recherche universitaire repose sur un principe simple et immuable : la science se construit toujours sur les travaux des autres. Emprunter n’est pas interdit, c’est même encouragé pour prouver la solidité de votre culture scientifique ! La seule condition absolue est de rendre à César ce qui est à César. L’honnêteté intellectuelle ne s’improvise pas ; elle suit des codes typographiques et méthodologiques précis qui ont évolué avec l’ère numérique.

Voici le guide exhaustif, mis à jour pour 2026, pour maîtriser l’art de la citation et éviter les sanctions pour plagiat.

La Règle d’Or de l’intégrité :
Si l’idée, le chiffre, le graphique, le code informatique ou la phrase ne vient pas de votre propre cerveau : vous devez citer la source. En cas de doute, citez toujours. Mieux vaut une bibliographie trop fournie qu’une accusation de fraude devant le conseil de discipline.

1. Pourquoi citer est-il vital (au-delà de la peur de la sanction) ?

On pense souvent à la citation comme une contrainte administrative pour éviter le zéro. C’est une erreur. Bien citer ses sources remplit trois fonctions stratégiques pour votre mémoire ou votre thèse :

  1. La crédibilité (Preuve de travail) : Une citation précise montre que vous avez lu, que vous avez cherché et que vous ne sortez pas vos arguments de nulle part. C’est un gage de sérieux.
  2. La traçabilité : Vous permettez à votre lecteur (et à votre correcteur) de remonter à la source originale pour vérifier l’information ou approfondir le sujet.
  3. La protection : Si l’auteur que vous citez s’est trompé, ce n’est pas votre faute, c’est la sienne ! En le citant, vous vous protégez contre l’erreur scientifique.

2. L’usage des guillemets : le code de la route du texte

L’usage des guillemets est le marqueur visuel de l’honnêteté. Il signale : « Ici, ce n’est plus moi qui parle ».

La citation courte (intégrée au texte)

Si vous reprenez une phrase, un bout de phrase ou une expression originale mot pour mot, les guillemets (de préférence à la française « » avec des espaces insécables) sont obligatoires. La référence doit apparaître immédiatement après, avant la ponctuation finale.

Exemple : Comme le souligne Jean-Noël Darde, le plagiat fonctionne souvent par « accumulation de strates textuelles » (Darde, 2011).

La citation longue (le bloc retrait)

Si la citation dépasse trois ou quatre lignes (environ 40 mots), les guillemets deviennent lourds à lire. On change de mise en forme :

  1. Faites un retour à la ligne.
  2. Créez un paragraphe autonome.
  3. Appliquez un retrait (marge) de 1 cm sur la gauche.
  4. Réduisez la taille de la police (ex: passer de 12 à 10) et l’interligne.
  5. Ne mettez pas de guillemets.

Modifier une citation : l’art des crochets […]

Parfois, une citation ne s’intègre pas grammaticalement dans votre phrase, ou elle est trop longue. Vous avez le droit de l’altérer, à condition d’être transparent grâce aux crochets :

  • Pour couper un passage inutile : Utilisez […]. Exemple : « La recherche […] exige de la rigueur. »
  • Pour clarifier un pronom : Exemple : « Il [le directeur de thèse] est responsable. »
  • L’erreur dans le texte original (sic) : Si le texte que vous citez contient une faute d’orthographe, ne la corrigez pas ! Écrivez le mot tel quel et ajoutez [sic] juste après pour montrer que l’erreur ne vient pas de vous.

3. Paraphrase vs Plagiat : la zone de danger

C’est ici que 80% des étudiants se font piéger par les logiciels anti-plagiat comme Compilatio ou Turnitin.

La paraphrase, c’est digérer l’information et la restituer avec votre propre style, votre vocabulaire et votre structure. C’est un exercice de synthèse.
Le plagiat (ou « patchwriting »), c’est changer deux ou trois mots dans la phrase originale par des synonymes, tout en gardant la structure syntaxique.

Le test du comparatif

Prenons une phrase originale fictive : « Le plagiat académique augmente drastiquement avec l’accès facilité aux ressources numériques illimitées. »

  • ❌ Mauvaise paraphrase (PLAGIAT) : Le plagiat universitaire s’accroît fortement avec l’accès aisé aux sources internet infinies. (On a juste joué au dictionnaire des synonymes. C’est du vol).
  • ✅ Bonne paraphrase (SYNTHÈSE) : L’ère du numérique et la disponibilité immédiate des textes en ligne ont favorisé une recrudescence des cas de fraude scientifique. (L’idée est là, mais la phrase est neuve).

Attention : Une bonne paraphrase nécessite aussi une citation ! Même si vous avez tout réécrit, l’idée de base ne vous appartient pas. Vous devez mettre la référence à la fin du paragraphe.

4. Comment citer ses sources ? Les normes bibliographiques

Il n’existe pas une seule façon de citer. Vérifiez toujours la norme exigée par votre université. Voici les deux systèmes dominants.

Le système « Auteur-Date » (Normes APA, Harvard)

Très utilisé en sciences humaines (Psychologie, Sociologie), économie et sciences dures.

  • Dans le texte : On met le nom et l’année entre parenthèses. (Dupont, 2024) ou (Dupont, 2024, p. 12).
  • En bibliographie : La liste est triée par ordre alphabétique des auteurs.
    • Format : Nom, P. (Année). Titre de l’ouvrage en italique. Éditeur.

Le système « Classique » (Notes de bas de page)

Roi en Histoire, Droit et Littérature. Il permet de ne pas couper la lecture.

  • Dans le texte : On insère un appel de note (un chiffre en exposant¹).
  • En bas de page : On écrit la référence complète : Prénom Nom, Titre de l’ouvrage, Éditeur, Année, page.
  • Les abréviations latines à connaître :
    • Ibid. : Signifie « au même endroit ». Utilisé quand la note est identique à celle juste au-dessus.
    • Op. cit. (Opere citato) : Signifie « œuvre citée ». Utilisé quand vous avez déjà cité cet ouvrage plus haut, mais pas juste avant. Ex : Maurel-Indart, Op. cit., p. 45.

5. Citer les sources « Numériques » et l’IA (Nouveauté 2026)

Les normes ont évolué. On ne cite plus seulement des livres poussiéreux.

Comment citer une Intelligence Artificielle (ChatGPT, Claude, Gemini) ?

Si vous utilisez une IA pour générer un plan, traduire un texte ou résumer un concept, la transparence est obligatoire. La plupart des chartes universitaires exigent désormais :

  • Dans le texte : Précisez le « prompt » (la question posée) en annexe ou en note.
  • Référence type : OpenAI. (2025). ChatGPT (Version GPT-5) [Modèle de langage]. https://openai.com

Note importante : Copier-coller une réponse de ChatGPT sans le dire est considéré comme une fraude au même titre que copier un livre. Les logiciels détectent désormais la « signature » syntaxique des IA.

Citer une vidéo YouTube ou un Podcast

C’est une source valide si elle est pertinente (conférence, interview).

  • Format APA : Nom de la chaîne. (Date). Titre de la vidéo [Vidéo]. YouTube. URL.
  • Conseil : Si possible, citez le « timecode » (le moment précis) : 04:32.

Citer un Tweet ou un post LinkedIn

Utile pour analyser une actualité ou une polémique.

  • Format : Auteur [@pseudo]. (Date). Les 20 premiers mots du post… [Tweet]. Twitter/X. URL.

6. Quand ne PAS citer ? La notion de « Notoriété Publique »

Faut-il mettre une note de bas de page pour dire que Paris est la capitale de la France ? Non.

C’est la notion de connaissance commune ou de notoriété publique. Vous n’avez pas besoin de citer de source pour :

  • Des faits historiques indiscutables (La Révolution française a commencé en 1789).
  • Des données géographiques évidentes.
  • Du folklore ou des proverbes.

La règle du doute s’applique : si vous pensez que votre lecteur pourrait se demander « D’où sort-il cette info ? », alors citez.

7. Les pièges sournois : Auto-plagiat et Traduction

L’auto-plagiat : le recyclage interdit

Beaucoup d’étudiants pensent : « C’est mon texte, je fais ce que je veux ». Faux. Si vous reprenez 10 pages de votre mémoire de Master pour les insérer dans votre thèse de Doctorat sans le dire, c’est de l’auto-plagiat.
Pourquoi ? Parce que vous essayez d’obtenir deux diplômes différents avec le même travail. Vous devez citer vos travaux antérieurs comme s’ils étaient ceux d’un autre : « Comme je l’ai démontré dans mon mémoire (Nom, 2023)… »

La traduction masquée (Translation Plagiarism)

Traduire un article de l’anglais (ou de l’espagnol) vers le français sans citer la source est du plagiat. Ne croyez pas être malin : les logiciels de détection modernes font de la « comparaison translingue » et repèrent ces correspondances.

8. S’organiser pour survivre : Les outils de gestion

Le plagiat est souvent le fruit de la désorganisation. On note une idée, on oublie de noter l’auteur, et trois mois plus tard, on croit de bonne foi l’avoir inventée.

L’astuce qui sauve des vies : Zotero.
N’attendez pas la fin de l’année. Installez un logiciel de gestion bibliographique (Zotero ou Mendeley) dès le jour 1.

  • Ils capturent la source en un clic depuis votre navigateur.
  • Ils génèrent la bibliographie automatiquement dans Word.
  • Ils formatent les citations (APA, Chicago, etc.) sans erreur de virgule.

FAQ : Questions fréquentes sur la citation

Si je change tous les mots d’une phrase, dois-je quand même citer ?
Oui. Vous avez emprunté l’idée, le concept ou la logique. La propriété intellectuelle protège l’originalité de la pensée, pas seulement la suite de mots.

Combien de citations puis-je mettre dans mon devoir ?
Il n’y a pas de limite légale, mais un devoir ne doit pas être une compilation de citations. Votre voix doit rester dominante. Un ratio sain est souvent autour de 10-15% de texte cité, le reste étant votre analyse.

Que risque-t-on pour un « oubli » de guillemets ?
L’intention frauduleuse est difficile à prouver, mais la négligence est punie. Cela va du simple avertissement (refaire le devoir) au blâme, voire à l’exclusion de l’établissement pour une durée déterminée (section disciplinaire). Sur une thèse, cela entraîne l’annulation du titre de docteur.


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